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Cahier des charges d'une plateforme : ce qu'il faut vraiment demander

La plupart des cahiers des charges de plateforme de formation sont des listes de fonctions. Trois pages de cases à cocher, envoyées à cinq éditeurs, qui répondent tous oui à presque tout.

Ce n'est pas ainsi qu'on choisit. Une fonction annoncée n'est pas une fonction utilisable, et une liste ne dit rien de ce qui compte.

Commencer par ce que vous faites

Avant toute liste, écrivez ce qui se passe réellement chez vous.

Combien de sessions par an. Combien de stagiaires. En présentiel, à distance, ou les deux. Combien de formateurs, et sont-ils salariés ou intervenants extérieurs. Qui saisit quoi aujourd'hui, et sur quel support.

Cette page-là vaut mieux que trois pages de fonctions. Elle permet à un éditeur honnête de vous dire si son outil convient — et à vous de repérer celui qui répond sans l'avoir lue.

Les questions qui font la différence

Montrez-moi comment on enregistre les présences d'une session de dix personnes. Comptez les gestes. C'est le geste le plus répété de votre année.

Montrez-moi une attestation de fin de formation produite par l'outil. Regardez les mentions. Vérifiez qu'elle porte les heures réellement suivies, et non le volume prévu.

Montrez-moi ce que voit un stagiaire, depuis la convocation jusqu'à l'attestation. Le parcours complet, de son point de vue. C'est là qu'on découvre si le nom de l'éditeur apparaît quelque part.

Montrez-moi ce qu'on sort le jour d'un audit. Pour un stagiaire donné, sur une période donnée.

Que se passe-t-il si je pars ? Format de l'export, contenu, délai d'accès après résiliation.

Cinq questions, cinq démonstrations. Un éditeur qui esquive l'une d'elles vous a répondu.

Ce qu'il faut chiffrer, et pas seulement lister

Le coût de mise en place, et ce qu'il comprend exactement : paramétrage seul, ou aussi import et formation ?

L'abonnement, et son unité. Par organisme, par formateur, par stagiaire, par stagiaire actif ? Ces quatre modèles donnent des totaux très différents selon votre activité.

Ce qui se facture à l'usage. Messages, appels, signatures. Demandez le prix unitaire, pas seulement le prix des lots.

Ce qui n'est pas compris. L'hébergement d'un sous-domaine à votre nom, la reprise de vos contenus existants, une formation supplémentaire l'an prochain.

Ramenez tout à un coût sur douze mois, avec votre volume réel. C'est le seul chiffre comparable.

Ce qu'il ne sert à rien de demander

Un nombre de fonctions. Deux cents fonctionnalités annoncées est un avertissement, pas un argument.

Des compatibilités avec des outils que vous n'avez pas.

Des références clients. Elles sont choisies, et vous n'appellerez pas celles qui ne le sont pas.

Une démonstration sur des données fictives. Demandez qu'on utilise une de vos formations réelles, avec vos intitulés. Ce qui coince apparaît immédiatement.

Les pièges classiques

Confondre ce que l'outil sait faire et ce que vous ferez. Une fonction de gamification impressionnante ne vaut rien si personne ne la paramétrera.

Choisir pour dans trois ans. Vous ne savez pas ce que vous ferez dans trois ans. Choisissez pour ce que vous faites maintenant, en vérifiant que la sortie est ouverte.

Sous-estimer le temps de reprise. Vos contenus existants ne se transfèrent pas d'un clic. Comptez-le, et demandez si c'est inclus.

Négliger qui va saisir. Un outil qui convient au responsable et pas aux formateurs ne sera pas rempli. Faites-le voir à ceux qui s'en serviront tous les jours.

Le format du cahier des charges

Quatre pages suffisent.

Une page sur votre activité réelle. Une page sur ce qui doit fonctionner sans discussion — présences, attestations, bilan, marque blanche s'il vous la faut. Une page de questions ouvertes, celles listées plus haut. Une page sur le budget et le calendrier.

Ce document-là obtient de vraies réponses. Une grille de deux cents cases obtient deux cents « oui ».

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